Le vieux, cet être civil.
Par pink, vendredi 13 juin 2008 à 18:56 :: General :: #28 :: rss
Il y a des jours comme ça, où les gens semblent prendre un malin plaisir à éprouver votre capacité à rester zen.
Aujourd’hui par exemple, c’en est un.
Faisons fi des tracasseries de travail et de ma faculté à composer au quotidien avec les gens, de toute façon, je suis bien trop fatiguée pour me lancer dans de la vacuité de circonstance.
En revanche, quand je rentre du travail, pour enfin poser mon cul, comme on dit chez les jeunes. J’aspire bêtement à un peu de calme.
Que Nenni !
C’est sans compter sur la fourberie inhérente à mes concitoyens.
A peine une demie fesse posée sur un des fauteuils de mon bus agréablement vide, pour une fois, voilà t’y pas que je me fais apostropher : « vous êtes enceinte » ?
Je ne me vexe pas de prime abord, mais un peu quand même, et regarde le vieux monsieur édenté à gapette qui m’interpelle : « Heu, non pourquoi ? »
« Il faut partir alors ici c’est pour les femmes enceintes et les vieux, y’a de la place ailleurs » me rétorque-t-il.
Alors oui, effectivement, il y a de la place ailleurs dans mon bus vide, mais il n’y a pas de femme enceinte à l’horizon ou de personne âgée qui a l’air de surfer accrochée à la barre du milieu.
Pleine de déformation professionnelle et de compassion pour mon voisin de siège qui n’a pas tout bien compris aux règles de civilité dans les bus, je me compose un joli sourire et répond derechef : « Monsieur, ces places sont réservées en priorité aux femmes enceintes et aux personnes âgées, bien sûr, et si une se présente je lui cèderai ma place sans soucis, mais là, pour le moment, personne n’a l’air d’en avoir besoin. »
Il m’interrompt, le bougrede con : « Nan mais faut partir là, y’a de la place là-bas, vous z’êtes pas une femme enceinte, il faut s’en aller, c’est marqué là ! » (Accompagné du tapotage en règle de l’autocollant citoyen de nos bons bus RATP).
Pas complètement découragée mais un brin agacée, je re-tente une explication de texte : « Oui, on doit céder la place aux personnes le nécessitant sur les places prioritaires, mais là, regardez autour de vous, personne n’a besoin de cette place, monsieur … »
Sauf que le Monsieur s’en bat l’œil de ce que je lui raconte et a violemment décidé de me casser les ovaires là, maintenant, tout de suite (Vous le sentez mon gros énervement qui monte, ou pas ?).
Du coup je fais la tactique de la sale jeune asociale, j’arrête le pédagogique et décide de me calfeutrer les oreilles de mon fort joli skullcandy (merci mon amoureux <3 ), en répondant des « oui, oui » de j’en-ai-rien-à-foutre et en m’abrutissant les oreilles de gros son principalement à base de « fuck ! » et de plein de gros mots anglo-saxons.
J’ai juste le temps d’entendre un vague : « Ha bha voilà, elle met son volquemanne en plus » avant de me perdre dans la contemplation du périph’.
Je fais preuve d’une telle zénitude que j’arrive même à descendre du bus sans lui glisser un regard ni lui faire un doigt.
Et je me dirige gentiment vers ma boulangerie, pour acheter du bon pain, des bons gâteaux, un truc pour entretenir ma silhouette de femme-enceinte-mais-en-fait-non et me panser de la connerie ambiante.
Et je fais la queue tout aussi gentiment à la vitrine pâtisserie, mais un peu en retrait, parce que déjà, la vendeuse est occupée avec un client et qu’ensuite, je n’ai pas besoin de me coller à la caisse pour manifester ma présence.
Et une dame me dépasse, ne me remarque visiblement pas, et se place entre moi et la caisse, juste derrière le gentil papa qui finit de commander des chouquettes, et ça, ho et puis aussi ça à son gamin.
Je sens bien que ça va être la merde, un peu. Mais j’ai encore foi en cette vieille dame, elle ne m’a peut-être pas remarquée, ça se règlera après, de toute façon j’ai eu mon quota de con pour la journée.
Ma naïveté me perdra.
Quand arrive mon « tour » la dame passe sa commande, je me signale poliment et bien non, elle ment la pute : « Ha mais non hein, j’étais avant vous hein, c’est quand même un monde hein, ça fait un quart d’heure au moins que j’attends ».
Je proteste un peu, je commence à avoir envie de lui écraser la tête dans un Kouglof mais mon moi intérieur sait pertinemment que c’est une mauvaise idée.
Face à la vieille rombière qui se prend d’engueuler la vendeuse dans la foulée, je lâche définitivement du lest, me fendant quand même vaguement d’un : « Et bien allez-y de toute façon vous m’êtes déjà passée devant, Madame ».
Puis, une fois mes compensations pâtissières acquises en sus des excuses réitérées de la vendeuse, je rentre m’affaler le nez dans mon macaron à la framboise.
Et là, tout en mâchouillant mollement les fruits rouges et en repensant aux scènes qui viennent de se produire, une constatation me frappe en plein visage : Bordel, je vieillis !
Aujourd’hui par exemple, c’en est un.
Faisons fi des tracasseries de travail et de ma faculté à composer au quotidien avec les gens, de toute façon, je suis bien trop fatiguée pour me lancer dans de la vacuité de circonstance.
En revanche, quand je rentre du travail, pour enfin poser mon cul, comme on dit chez les jeunes. J’aspire bêtement à un peu de calme.
Que Nenni !
C’est sans compter sur la fourberie inhérente à mes concitoyens.
A peine une demie fesse posée sur un des fauteuils de mon bus agréablement vide, pour une fois, voilà t’y pas que je me fais apostropher : « vous êtes enceinte » ?
Je ne me vexe pas de prime abord, mais un peu quand même, et regarde le vieux monsieur édenté à gapette qui m’interpelle : « Heu, non pourquoi ? »
« Il faut partir alors ici c’est pour les femmes enceintes et les vieux, y’a de la place ailleurs » me rétorque-t-il.
Alors oui, effectivement, il y a de la place ailleurs dans mon bus vide, mais il n’y a pas de femme enceinte à l’horizon ou de personne âgée qui a l’air de surfer accrochée à la barre du milieu.
Pleine de déformation professionnelle et de compassion pour mon voisin de siège qui n’a pas tout bien compris aux règles de civilité dans les bus, je me compose un joli sourire et répond derechef : « Monsieur, ces places sont réservées en priorité aux femmes enceintes et aux personnes âgées, bien sûr, et si une se présente je lui cèderai ma place sans soucis, mais là, pour le moment, personne n’a l’air d’en avoir besoin. »
Il m’interrompt, le bougre
Pas complètement découragée mais un brin agacée, je re-tente une explication de texte : « Oui, on doit céder la place aux personnes le nécessitant sur les places prioritaires, mais là, regardez autour de vous, personne n’a besoin de cette place, monsieur … »
Sauf que le Monsieur s’en bat l’œil de ce que je lui raconte et a violemment décidé de me casser les ovaires là, maintenant, tout de suite (Vous le sentez mon gros énervement qui monte, ou pas ?).
Du coup je fais la tactique de la sale jeune asociale, j’arrête le pédagogique et décide de me calfeutrer les oreilles de mon fort joli skullcandy (merci mon amoureux <3 ), en répondant des « oui, oui » de j’en-ai-rien-à-foutre et en m’abrutissant les oreilles de gros son principalement à base de « fuck ! » et de plein de gros mots anglo-saxons.
J’ai juste le temps d’entendre un vague : « Ha bha voilà, elle met son volquemanne en plus » avant de me perdre dans la contemplation du périph’.
Je fais preuve d’une telle zénitude que j’arrive même à descendre du bus sans lui glisser un regard ni lui faire un doigt.

Et je me dirige gentiment vers ma boulangerie, pour acheter du bon pain, des bons gâteaux, un truc pour entretenir ma silhouette de femme-enceinte-mais-en-fait-non et me panser de la connerie ambiante.
Et je fais la queue tout aussi gentiment à la vitrine pâtisserie, mais un peu en retrait, parce que déjà, la vendeuse est occupée avec un client et qu’ensuite, je n’ai pas besoin de me coller à la caisse pour manifester ma présence.
Et une dame me dépasse, ne me remarque visiblement pas, et se place entre moi et la caisse, juste derrière le gentil papa qui finit de commander des chouquettes, et ça, ho et puis aussi ça à son gamin.
Je sens bien que ça va être la merde, un peu. Mais j’ai encore foi en cette vieille dame, elle ne m’a peut-être pas remarquée, ça se règlera après, de toute façon j’ai eu mon quota de con pour la journée.

Ma naïveté me perdra.
Quand arrive mon « tour » la dame passe sa commande, je me signale poliment et bien non, elle ment la pute : « Ha mais non hein, j’étais avant vous hein, c’est quand même un monde hein, ça fait un quart d’heure au moins que j’attends ».
Je proteste un peu, je commence à avoir envie de lui écraser la tête dans un Kouglof mais mon moi intérieur sait pertinemment que c’est une mauvaise idée.
Face à la vieille rombière qui se prend d’engueuler la vendeuse dans la foulée, je lâche définitivement du lest, me fendant quand même vaguement d’un : « Et bien allez-y de toute façon vous m’êtes déjà passée devant, Madame ».
Puis, une fois mes compensations pâtissières acquises en sus des excuses réitérées de la vendeuse, je rentre m’affaler le nez dans mon macaron à la framboise.
Et là, tout en mâchouillant mollement les fruits rouges et en repensant aux scènes qui viennent de se produire, une constatation me frappe en plein visage : Bordel, je vieillis !


Commentaires
1. Le vendredi 13 juin 2008 à 19:24, par poipoi
2. Le vendredi 13 juin 2008 à 23:26, par Sib
3. Le vendredi 13 juin 2008 à 23:28, par Damo
4. Le samedi 14 juin 2008 à 02:07, par Jud
5. Le samedi 14 juin 2008 à 12:08, par Loutre
6. Le samedi 14 juin 2008 à 12:27, par Marie
7. Le dimanche 15 juin 2008 à 13:36, par Marie
8. Le dimanche 15 juin 2008 à 15:50, par Pink
9. Le lundi 16 juin 2008 à 09:31, par Awam
10. Le jeudi 19 juin 2008 à 00:08, par Pink
11. Le jeudi 19 juin 2008 à 14:14, par Marie la loose
12. Le mercredi 30 juillet 2008 à 23:44, par Versafutile
13. Le vendredi 30 octobre 2009 à 00:24, par windman
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